Great Escape
Great Escape News
15-06-2009

"La Grande Escapade" en Jeep dans la Vallée de la Mort

(Par Jérôme André pour le magazine Action 4X4)

Plutôt que subir stoïquement la froidure du prochain hiver, pourquoi ne pas mettre le cap vers des horizons plus radieux... et surtout plus lointains ? Dans une des régions les plus mythiques du globe, et au volant d’une Jeep. C’est ce que proposent chaque année “The Great Escape” et “Action 4x4”. Au menu, visite de la Mecque du 4x4 préparé, alias le SEMA Show, découverte de Las Vegas (Nevada) et surtout, tenez-vous bien, grande excursion sur les pistes de la Vallée de la Mort! Mais où êtes-vous ? En train de préparer votre sac de voyage?

Attendez au moins de lire ce qui suit !


Préparer vos bagages, c’est pourtant la seule chose que vous aurez à faire de vous-même. Car pour ce raid hors du commun dans la fameuse “Death Valley”, Philippe Lacarrière et son équipe du “Great Escapade” organisent tout pour les groupes de chanceux partant en novembre sous sa houlette. Avions, hôtel, location des Jeep et visites commentées, tout est bordé ! Partenaire du “trip”, nous avons suivi de près ce périple inédit. Primo, l’accès même au show est ultra limité et rares sont les non professionnels autorisés à franchir ses portes. Deuzio, la Vallée de la Mort se parcoure via le Parc National par des pistes off-road non accessibles aux quidams et gérées d’une main de fer par les Rangers. Deux extraordinaires atouts, qui font craquer !

Viva Las Vegas !
Notre voyage commence à l’aéroport Charles de Gaulle pour un premier briefing avec l’équipe et les participants avant un vol qui permettra à certains de sympathiser et à d’autres d’accumuler des heures de repos en prévision du périple à venir. Mais tous sont sur la même longueur d’onde. Les premières discussions tournent autour des 4x4 et le tour de table met les choses au point : du L200 au H1 en passant par les L322, HDJ80 ou RAM1500, tout le monde ici roule dans de belles mécaniques et on ne parle que de celles à 4 roues motrices… Cela laisse augurer une ambiance cordiale, qui se confirmera jusqu’au retour une semaine suivante.

Arrivé à “Vegas” c’est vite parti, le temps de “droper” les bagages à l’hôtel, tout le monde meurt d’envie de foncer jeter un oeil sur le SEMA qui se trouve à seulement 300 mètres de nos chambres (les habitués apprécieront!). Il faudra tout de même patienter le temps d’une nuit et d’un jacuzzi pour écumer les allées du salon. Le lendemain, chacun ferait perdre la boule à un podomètre tant les différents bâtiments qui accueillent mille et une folies automobiles qu’on aimerait scruter dans les moindres détails. C’est ce que feront certains participants en revenant le lendemain, journée libre à Las Vegas. D’autres iront inévitablement braver les bandits manchots, tenter le diable aux cartes, ou faire fondre leur “ Gold” dans les méga centres commerciaux de la ville. Par contre, tous se retrouveront pour profiter d’une soirée de visite de ‘Vegas by night’ en limousine… Hummer, of course ! L’ambiance est décontractée, tout le monde profite de cette dernière soirée urbaine avant le départ vers le désert, le lendemain. Avantage du décalage horaire, le matin, tout le monde est debout à 5 heures. Idéal pour profiter d’un petit déjeuner dans un “diner” typique avant le lever du soleil. C’est maintenant l’heure de grimper dans nos Wrangler et de dire “adios !» au strip de la ville du péché.

Braver la mort !
C’est parti. Quelque deux heures de route nous suffisent pour quitter le Nevada et rejoindre la Californie voisine. Par contre, nous sommes fort loin de ses plages et des clichés. Pas de belles blondes plantureuses en plein match de beach volley pour vous saluer d’un clin d’oeil à l’horizon. Ici ne règnent que la soif, la sécheresse et les pistes désertes et accidentées... aux panoramas époustouflants. Et là, fana de tout terrain ou pas, je pense notamment à Madame si elle venait à vous accompagner, on ne peut qu’être émerveillé devant les divers facettes du Parc National de la Vallée de la Mort. Ce qu’on imagine être un désert, regorge de monts et de vaux aux couleurs chatoyantes et changeantes, nous sommes aux portes du réel.

Vous pourriez regretter l’absence de  flore, il faudra vous y faire, même s’il arrive d’apercevoir fleurs et plantes, dont certaines endémiques, après des précipitations éclairs. Aujourd’hui, seuls les cactus nous rappellent qu’il doit bien y avoir de l’eau quelque part dans cette immensité de près de 14 000 kilomètres carrés... humectés de seulement 5 cm d’eau par an et où la température a frôlé les 57°C au début du siècle dernier. Heureusement pour nous, en cette fin d’année, les températures culminent à 30 degrés. Impeccable. Juste de quoi tester la clim’ de nos Jeep, même si c’est plutôt le grip de leurs pneus et leurs croisements de ponts qu’on s’impatiente d’éprouver. Nous n’avons pas été déçus. Les trois prochains jours se dérouleront sous un ciel radieux sur des pistes désertes allant de roulantes à accidentées. Chacun en a eu pour son chèque, les itinéraires étant choisis en fonction des attentes des participants, de leur niveau et… du bon vouloir des fameux Rangers. Sur trois jours, nous avons profité de points d’intérêts uniquement accessibles en 4x4, à commencer par la fameuse et irréelle Race Track Playa.

Cette “plage du circuit de course” est le théâtre d’un phénomène plutôt rock n’roll. Des dizaines de rochers se déplacent mystérieusement le long de sa surface lisse, laissant des traces visibles derrière eux ! Aucun scientifique n’a percé leur mystère, ni même vu un quelconque mouvement de ces rocs. Il est pourtant démontré que ces caillasses migrent. Peut-être sous l’action cumulée de précipitations rendant la surface de la plage glissante et du vent extrême (pouvant atteindre 150 km/h) que connaît la vallée? Surréaliste.

Oasis dans le désert
Nous bivouaquerons deux nuits à Furnace Creek en plein désert. Ceux qui connaissent l’endroit sourient déjà, car en fait de bivouac sauvage nous eûmes droit à de confortables chambres climatisées à deux pas d’une piscine olympique. Le restau’ local vaut de détour également, surtout si on aime le T-bone. “Le Ruisseau de la Fournaise” est en fait l’oasis – artificielle - nécessaire au parc pour permettre à ses visiteurs d’y rester plus qu’un jour.

Ce centre offre l’indispensable, comme le plus futile à l’instar d’un terrain de golf… Au matin, nous quittons l’endroit après avoir rassasié nos estomacs d’un “buffet à volonté” typique US, puis nos véhicules à deux pas de l’aérodrome voisin, le plus bas du continent américain (-64 m) pour l’anecdote. Toujours sous le coup du décalage horaire, nous sommes sur le départ avant le lever du soleil, que nous irons admirer à Zabriskie Point, offrant en ce début de journée un point de vue sur ses formations géologiques multicolores. À ne pas manquer.

Merveilles de l’Ouest
Suivront une dizaine d’autres merveilles, comme Titus Canyon et ses pétroglyphes, les panoramas visibles du Betty Cut Off, la ville fantôme de Leadfield, le démesuré Scotty’s Castel, l’Echo Canyon ou la vue sur les sommets des Panamint. Que dire d’Artist’s Palette, un flanc des montagne remarquable par la diversité de couleurs de ses roches : rouge, rose et jaune des sels de fer oxydés se mêlent au vert du mica et au pourpre du manganèse. Il faut le voir pour le croire. Quant à Sand Dunes, les dunes de Mesquite, réservez votre soirée pour y admirer un coucher de soleil de toute beauté. Il ne faudra pas moins de trois bonnes journées pour profiter de tous ces points d’intérêt et des pistes qui les séparent et les relient. Certaines sont piégeuses, mais jamais dangereuses et l’allure adoptée alors permet de franchir les difficultés sans stress.

Il est tout de même l’heure de retourner au bercail, non sans une ultime soirée à Las Vegas. Nous sommes accueillis au fameux Luxor, hôtel somptueux en forme de pyramide, au décor pharaonique, avec son sphinx géant gardant l’entrée. Le reste de la soirée sera à l’avenant pour ceux qui choisissent de s’offrir un spectacle ou un concert de premier ordre comme sait en proposer la ville dédié aux loisirs et au spectacles. Seul impératif, être prêt le lendemain pour sauter dans l’avion et revenir... à la réalité ! Plus que quelques mois à patienter et quelques semaines pour réserver votre place pour l’édition 2009 de ce voyage aux frontières de l’Ouest américain. Je vous laisse donc retourner à la préparation de vos bagages en vous recommandant de jeter un oeil à la liste de ce qu’il ne faut pas oublier pour ce périple d’anthologie (voir encart).

Quant à nous, nous avons déjà réservé nos places. À bon entendeur !
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